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1963 De Gaulle et Adenauer parlent dans une déclaration commune de vocation européenne de la Turquie.

Pierre Moscovici [ancien ministre des affaires européennes, PS]
- 27/04/2004, France-Info : « L’Europe n’est pas un club chrétien. […] Pour ma part, je ne suis pas prêt à dire oui à la Turquie tant qu’il y a des prisonniers politiques comme Layla Zana, tant que les militaires dominent le pouvoir, tant que l’on n’a pas reconnu le génocide arménien, tant que la laïcité n’est pas garantie. Il faut que la Turquie fasse tous ces progrès, elle en a les moyens. »
- 09/06/2004, Libération : « La reconnaissance du génocide est une condition politique. Nous restons favorables à l’adhésion. »

Michel Rocard [tête de liste du PS dans le Sud-Est]
- 30/04/2004, iTélé : « Pour aujourd’hui, on peut se dire que le fait de faire un signe amical à celui des états musulmans qui a placé la laïcité comme principe de son organisation est une bonne chose. C’est une assurance-vie contre la guerre que la Turquie rejoigne l’Europe. »
- 09/06/2004, Libération : « La reconnaissance doit être exigée pour l’adhésion elle-même, mais non pour l’ouverture des négociations. Car ce sont les négociations qui permettront l’évolution de la société turque ; alors, la reconnaissance du génocide viendra naturellement. »

Jacques Chirac [conférence de presse du 29/04/2004]
« Ma conviction est que la Turquie a une vocation européenne. Mais les conditions de son entrée ne sont pas aujourd’hui réunies. […] C’est notre intérêt politique d’avoir une Turquie stable et moderne, démocratique, qui a fait le choix de la laïcité depuis 1924, une Turquie acceptant de partager nos objectifs et nos valeurs, qui, de surcroît, à ce titre, pourrait servir de modèle à l’ensemble des pays qui l’entourent. »

Michel Barnier [ministre UMP des Affaires étrangères, questions à l’Assemblée du 07/04/2004]
« Il n’est pas question d’une entrée de la Turquie à moyen ou à court terme dans les circonstances actuelles. »

Gerhard Schröder [chancelier allemand, septembre 2003]
« La perspective de la Turquie s’appelle l’Europe. L’Europe est désireuse qu’un pays aussi important que la Turquie ne verse pas dans le fondamentalisme religieux. […] Les attentes des Turcs ne peuvent pas et ne doivent pas être déçues. »

Edmund Stoiber [chrétien-démocrate allemand, 04/09/2003]
« Il n’est pas question de discuter de l’entrée de la Turquie dans l’Union. »

Tony Blair [chef du gouvernement anglais]
« L’Union européenne doit montrer qu’elle est engagée non seulement en paroles mais dans les faits en faveur d’une Europe de la diversité des races, des cultures et des religions. »

José Manuel Durao Barroso [chef du gouvernement portugais]
« L’adhésion de la Turquie serait une bonne réponse à tous ceux qui veulent diviser le monde en termes de religions. »

Valéry Giscard d’Estaing [15/11/2002, Le Point]
« L’Europe peut-elle, à l’heure actuelle, décider de s’ouvrir à des Etats situés hors du continent ? »

Alain Juppé [UMP, 10/04/2004]
« Les pays proches de l’Union européenne n’ont pas vocation à y entrer sous peine de la dénaturer. »

Alain Madelin [UMP, 12/04/2004]
« On ne peut pas continuer de faire à la Turquie une fausse promesse. »

François Hollande [premier secrétaire du Parti socialiste]
- 11/04/2004, Europe 1 : « Pour des raisons obscures ou plus exactement trop claires, liées à la campagne des élections européennes, je vois revenir le débat sur pour ou contre l’adhésion de la Turquie. […] Dès lors qu’on a accepté que la Turquie soit candidate, il faut aller jusqu’au bout. »
- 04/06/2004, Libération : « J’ai signé, hier, avec les socialistes arméniens un texte exigeant la reconnaissance du génécide arménien par la Turquie avant l’ouverture de négotiations sur son entrée dans l’UE. »

Wolf-Ruthart Born [ambassadeur d’Allemagne en Turquie, 23/02/2004]
« Accepter la Turquie dans l’Europe permettrait d’intégrer la diaspora turque, d’encourager la modernisation au Proche-Orient et d’aider à résorber l’écart culturel entre les mondes chrétien et musulman. »

Françoise Grossetête [tête de liste UMP pour le Sud-Est, 25/05/2004]
« Même si la Turquie avait reconnu le génocide arménien, nous serions contre son adhésion ».

Philippe de Villiers [président du MPF, 10/05/2004]
« J’y suis hostile pour trois raisons : elle n’est européenne ni par sa géographie, ni par son histoire ; c’est une plateforme du crime, des mafias et du terrorisme. Enfin le nouveau système de décision à Bruxelles est désormais indexé sur le poids démographique des Etats. Demain, la Turquie aurait plus de députés européens que la France ! »

Claudie Haigneré [ministre déléguée aux Affaires européennes, 30/04/2004]
« Il ne faut pas se tromper. Nous ne sommes pas en train de parler de l’entrée de la Turquie en 2004 ou en 2005. Comme les autres candidats, Ankara doit respecter les critères de Copenhague, qui sont économiques et politiques, et aucunement géographiques ou religieux. En octobre, la Commission dira où la Turquie en est par rapport à ces exigences et le Conseil européen prendra une décision en décembre. Par ailleurs, le débat est aussi de savoir quelle Europe nous voulons, en étant conscient que notre choix influera sur celui de la Turquie. »

Recep Tayyip Erdogan [premier ministre turc, 03/07/2004]
« L’Union européenne n’est pas une union chrétienne ni géographique, l’UE est un ensemble de valeurs politiques. »

Jean-François Copé [porte-parole du gouvernement, 09/06/2004]
« Cette question ne se pose pas pour les cinq années qui viennent »

Roselyne Bachelot [candidate UMP dans l’Ouest, 07/06/2004]
« Dans ce cas pourquoi ne pas y faire entrer l’Afghanistan ? »

Daniel Cohen-Bendit [porte-parole du Parti vert, 28/05/2004, Libération]
Pour lui, l’Europe c’est une succession de miracles : « Miracle du Rhin qui a rendu impossible toute guerre franco-allemande, miracle de l’Oder qui fait que plus jamais des troupes russes ou allemandes n’occuperont Varsovie. » Et, demain peut-être, « miracle du Bosphore, si l’Europe s’ouvre à la Turquie, montrant ainsi qu’elle ne veut pas d’une guerre de civilisations ».

Jean-Pierre Chevènement [25/05/2004, Libération]
« Quant à l’adhésion de la Turquie, souhaitable si l’Europe reste une “union de nations”, elle ferait, avec ses soixante-quinze millions d’habitants, exploser le système des votes à la majorité qualifiée. »

Henri Emmanuelli [député PS des Landes et cofondateur de Nouveau Monde, 14/05/2004, Libération]
« Prétendre que l’inclusion d’un pays de 100 millions d’habitants, qui serait de facto le plus important de tous, ne poserait pas de problèmes d’équilibre de toutes sortes à l’ensemble du système, c’est faire preuve d’une légèreté qui frise l’inconscience. Ne pas voir que cela mènerait les frontières de l’Europe jusqu’au coeur agité du Moyen-Orient, avec tous les risques que cela comporte, ne témoigne pas d’une lucidité plus grande. Car enfin, pourquoi s’arrêter là, et ne pas poursuivre, comme les anciens croisés, jusqu’en Terre sainte ? Ou jusqu’aux pyramides, avant de remonter le Nil jusqu’aux grands lacs africains ? Qui peut prétendre vouloir sérieusement une Europe politique, en perpétuant l’hypothèse de frontières mouvantes et la réalité d’un contenu inconsistant ? Qui donc, sinon ceux qui n’en veulent pas et se contenteraient d’une vaste zone de libre-échange. Que la Turquie soit associée à l’Europe, nul n’y verra d'inconvénients. Mais ouvrir des négociations qui impliqueraient forcément une adhésion ultérieure - l’opinion, déjà maintes fois leurrée par ce genre de manoeuvre ne s’y trompe pas - n’est pas souhaitable. »

Hervé de Charette, [UMP, ancien ministre des Affaires étrangères et président du groupe d’amitié avec la Turquie à l’Assemblée nationale, 09/06/2004]
« Il ne s’agit pas d’un double jeu. L’UMP ne ratifiera jamais l’entrée de la Turquie, et, si Chirac dit oui, il sera seul. La question est donc réglée. Il nous faut chercher des moyens d’établir une relation vraiment spéciale avec les Turcs. »

Noëlle Lenoir [ancienne ministre déléguée aux Affaires européennes, 31/05/2004, L’Express]
« (...) Il y a un problème d’identité de l’Europe. C’est pourquoi il faut vérifier strictement le respect des critères d’entrée dans l’Union : démocratie, droits de l’homme, droits des minorités - concept flou en France, mais décisif dans l’Europe orientale - économie viable, etc. Tant que ces critères ne sont pas tous remplis, ce qui est le cas aujourd’hui, la Turquie n’a pas sa place dans l’Union européenne. Mais l’Europe, c’est aussi le respect du droit et des engagements pris, non seulement vis-à-vis du gouvernement turc, mais aussi du peuple turc. Dans son intérêt, il faut se montrer rigoureux sur l’appréciation des critères d’entrée dans le club européen tout en accompagnant les progrès en cours : meilleure séparation entre l’armée et le pouvoir civil, abolition de la peine de mort... Quant à la question de savoir si la Turquie est en Europe ou en Asie, elle a été tranchée en 1949, lorsque la Turquie a été admise comme membre fondateur du Conseil de l’Europe ! »

Nicolas Sarkozy [UMP, ministre d’état des finances, 10/05/2004, Libération]
« La Turquie n’est européenne ni par sa géographie, ni par son histoire, ni par sa culture ».

Dominique Strauss-Kahn, [PS, 19/05/2004, Libération]
Dans son « projet durable pour l’Europe de demain » qu’il a remis à Romano Prodi, il suggère de « préparer un processus d’extension » de l’UE à « tout le pourtour méditerranéen », y compris donc la Turquie, afin que l'Europe puisse peser face aux grands ensembles, américain, chinois ou indien.

Christiane Taubira [tête de liste Europe fraternelle du Parti Radical de Gauche en Ile-de-France, 09/06/2004]
« La question de l’ouverture des négociations d’adhésion de la Turquie est un sujet majeur et essentiel pour l’Europe en tant que force de paix dans le monde. (...) Il est regrettable au regard de la dignité politique qu’il fasse l’objet de marchandages et de revirements. »

Yalim Eralp [ancien ambassadeur de la Turquie auprès de l’OSCE - Organization for Security and Cooperation in Europe]
« L’Union européenne se fonde sur les principes de l’Etat de droit et elle ne peut pas changer en cours de partie les règles qu’elle a elle-même fixées : si la Turquie remplit les critères exigés, les négociations doivent pouvoir commencer. »

Ahmet Insel [professeur d’économie à Paris-I, 09/06/2004, Libération]
« Ankara paie en fait une peur beaucoup plus générale devant les problèmes posés par l’élargissement de mai. »

L'Europe Et l'Europe selon certains...