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Le
XIXème siècle
est considéré
comme le siècle
du militarisme patriotique
et de la construction
des identités nationales.
En Europe du sud-est le
phénomène
nationaliste émerge
avec la Révolution
grecque de 1821, qui est
devenue le modèle
pour les autres peuples
balkaniques, pour aboutir
avec le nationalisme turc,
un nationalisme de caractère
particulier grâce
à sa rapidité
étonnante. Cependant,
le développement
du phénomène
nationaliste ne peut pas
être séparable
du contexte de l'occidentalisation,
spécialement aux
régions des Balkans,
autrement dit aux pays
de la péripherie.
Nous tenterons donc détudier
le premier et le dernier
des nationalismes balkaniques
: les nationalismes grec
et turc tels qu'ils apparaissent
à travers les discours
de deux maîtres
à penser : Ion
Dragoumis (1878-1920)
et Ziya Gökalp (1876-1924).
Il sagit là
de deux personnalités
qui se considèrent
comme les figures les
plus représentatives
du nationalisme de leur
pays. Par conséquent,
il paraît que la
présentation et
l'analyse de leur pensée
est déterminante
pour la compréhension
profonde du phénomène
nationaliste lui-même.
Tant leurs biographies
[1] que leurs idées
nationalistes nous permettent
d' établir des
points parallèles
entre ces personnalités
légitimant notre
étude comparative.
Esquissant leurs vies
nous remarquons quils
ont tous les deux vécu
le passage du XIXème
au XXème siècle,
capital dans le développement
du nationalisme en Europe
du sud-est. Leurs dates
de naissance et de mort
concordent ainsi de manière
impressionnante. En plus,
ils sont socialement issus
de milieux comparables
cest à dire
de familles notables ayant
une tradition au service
de l'Etat. Ce sont ces
milieux qui leurs ont
offert le bagage intellectuel
qui leur servit de base
pour développer
leur pensée. Enfin,
mis à part le milieu
familial, les milieux
au sein desquels ils ont
évolué par
la suite sont également
à bien des égards
comparables. Il sagit
des cercles que nous pourrions
qualifier d«
intellectuels »,
mi-politiques, mi-littéraires
trouvant leur expression
au sein des revues. Ces
milieux sont au centre
du processus de construction
de mythologies nationalistes.
Dans notre effort de présenter
leurs idées nous
consacrerons notre regard
à l'analyse des
concepts de la civilisation
et de la culture, deux
notions dont la définition
et la relation sont indicatives
de la façon que
les deux théoriciens
affrontent lOccident.
Nous procedérons
donc en deux temps : dans
un premier temps nous
essayerons détudier
les deux concepts dans
la pensée de Ziya
Gökalp. Dans un deuxième
temps nous étudierons
comment Ion Dragoumis
définit-il ces
termes afin de pouvoir
comparer les deux approches.
Lidéologie
gökalpienne se résume
à la phrase-clé
: « Nous sommes
de la nation turque (millet),
de la religion islamique
(ümmet) et de la
civilisation occidentale
(medeniyet) » [2].
Il sagit d'une théorie
nationaliste en trois
fondements dans laquelle
s'intègrent des
valeurs tant islamiques
quoccidentales.
Cette synthèse
se fonde principalement
sur la distinction de
la culture (hars) et de
la civilisation (medeniyet),
deux notions qui preséntent
des convergences et des
divergences [3]. Le théoricien
des Jeunes-Turcs remarque
que, dune part,
culture et civilisation
sont identiques au sens
où elles couvrent
également les huit
vies sociales : linguistique,
religieuse, intellectuelle,
esthétique, morale,
économique, technologique,
mais d'autre part, les
deux notions se différencient
:
La culture est lensemble
des jugements de valeur,
qui existent dans la conscience
dune nation, alors
que la civilisation représente
lensemble des méthodes
et connaissances technologiques
dérivées
des sciences positives
[4]. En plus, la civilisation
constitue une création
rationnelle, résultat
des actions conscientes
des individus contrairement
à la culture qui
ne peut être considérée
comme produit artificiel
car les éléments
qui la composent se développent naturellement
comme les plantes et les
animaux. Il sagit
plutôt dun
ensemble de sentiments
qui ne peuvent pas être
transmis d'une nation
à lautre
et qui donnent à
chaque nation son caractère
unique.
En 1918 dans son article
intitulé «
Medeniyet (Civilisation)
», Gökalp soutient
que la culture est une
notion de caractère
national tandis que la
civilisation est internationale
: « La civilisation
est un livre écrit
de façon internationale,
ses chapitres sont composés
de la culture de chaque
nation » [5]. La
culture est composée
du systhème intégrant
les huit sphères
de la vie de chaque nation,
alors que la civilisation
est constituée
de lensemble des
institutions sociales
partagées par les
nations diverses attachées
au même niveau du
développement.
« La civilisation
est un vêtement
pour les nations. Tout
comme les individus, les
nations changent aussi
leurs vêtements
» [6]. Adoptant
linterprétation
allemande de la culture
comme âme de la
nation, le maître
à penser turc affirme
que toutes les nations
peuvent coexister partageant
une civilisation commune
mais non une seule culture
car cette dernière
reflète le génie
de chaque peuple. Quant
au peuple turc, Gökalp
est à la recherche
de son originalité
à lépoque
préislamique des
conquerants turcs célèbres
comme Attila.
Bien que Gökalp déclare
la nécessité
vitale que la Turquie
sattache au char
de la modernisation, il
ne favorise pas une occidentalisation
exagérée.
Que veut-il prendre de
l'Occident ? Ladoption
de la civilisation européenne
se restreindrait aux méthodes
et techniques industrielles
et non au mode de vie
occidental car selon lintellectuel
turc les civilisations
européennes reposaient
sur des fondements corrompus
; par conséquent,
elles sont condamnées
au déclin et à
lanéantissement
« (...) nous ne
prendrons pas seulement
les résultats des
sciences de lEurope.
En plus, nous prendrons
et nous utiliserons les
méthodes des sciences
pour arriver à
la vérité
nous mêmes »
[7].
Gökalp soutient que
pendant les trois stades
de leur développement
social les Turcs ont embrassé
des civilisations différentes, celles de lExtrême-Orient, de
lOrient et maintenant
de lOccident. Le
problème qui se
pose est de savoir comment
ils pourront profiter
du progrès européen
et préserver en
même temps leur
intégrité
culturelle. Parallèlement,
il critique les promoteurs
de Tanzimat [8], qui ont
essayé d'imiter
toutes les institutions
et les systèmes
administatifs de lOccident
sans tenir compte de la
culture folklorique du
peuple. Les conséquences
de cette imitation étaient
néfastes à
cause de la création
des dichotomies (système
des élites ottomanes,
système du peuple
turc) dans tous les domaines
de la vie sociale : les
arts, la langue, léducation.
Dans son effort de légitimer
la participation des Turcs
à la civilisation
européenne, il
instrumentalise lHistoire.
Faisant une rétrospective
au passé mythifié,
Gökalp affirme que
la civilisation occidentale
est la continuation de
la civilisation des anciens
peuples méditerranéens,
qui sont des peuples touranies.
Il est intéressant
de voir quil nhésite
pas à intégrer
sous létiquette
« touraniens »
[9] des peuples dont les
origines ne sont pas turques
mais qui avaient acquis
un niveau de culture très
élevé comme
les Scythes, les Hittites
et les Sumériens.
De cette façon,
les Turcs se présentent
comme ayant une sorte
« de droit héritier
» sur la civilisation
européenne, droit
tiré de lhistoire
elle-même. Il est
par définition
évident que, dans
la pensée du théoricien
du kémalisme, la
distinction entre hars
et medeniyet prend la
forme de la distinction
entre les valeurs spirituelles
et matérielles,
le coeur et le corps.
La civilisation sidéntifie
à la rationalité
occidentale, tandis que
la culture est synonyme
des sentiments et des
vertus innés des
Turcs. Cest exactement
ce côté émotionnel
de la culture qui la sanctionne
comme « nationale
», car « aucune
nation ne peut imiter
les sentiments moraux,
religieux et esthétiques
d'un autre peuple »
[10]. Par conséquent,
les deux notions ne sont
pas antinomiques. Pour
appuyer son opinion, Gökalp
distingue [11] les deux
genres de la culture :
a) le hars, synonyme de
la « culture populaire
» et b) le tehzib,
synonyme de la «
culture savante ».
La première est
democratique car elle
correspond aux créations
authentiques du peuple,
alors que la deuxième
est aristocratique et
sadresse aux intellectuels
de lépoque,
qui avaient reçu
une éducation superieure.
Selon Taha Parla «
cette distinction nimplique
pas une différence
qualitative mais une question
du dégré
de sophistication. Lélite
intellectuelle en question
était encore une
élite nationale
et non cosmopolite »
[12].
De son côté,
lintellectuel grec
affirme que la naissance
dune civilisation
dépend de trois
préalables [13]
: le lieu, le temps et
la nation. Une remarque
importante soulignant
que « Seules les
nations donnent naissance
aux civilisations. Et cela est leur grande valeur »
[14]. Dragoumis associe
le concept de la nation
avec la civilisation en
lui attribuant un sens
national, point de divergence
avec Gökalp. Puis,
il distingue deux catégories
de nations : les nations-créatrices
de leur propre civilisation
et les nations-imitatrices ; les premières évoluent,
contrairement aux deuxièmes
qui restent dans un état
de stagnation. Le peuple
grec appartient à
la première catégorie
car il a crée une
civilisation originale
et est devenu le modèle
pour les civilisations
suivantes.
Mais quest-ce que
la civilisation selon
lui ? Partage-t-il la définition gökalpienne ? Dans la pensée de
Dragoumis la civilisation
est liée à
lesprit hellénique,
à la force assimilatrice
de la civilisation grecque.
La civilisation grecque,
produit et synthèse
[15] des éléments
les plus rémarquables
des civilisations du passé,
est considérée
comme le comble des civilisations
humaines. Quant à
la deuxième notion,
celle de la culture, il
la considère comme
branche de la civilisation
et signale une continuité
incessante entre la civilisation
hellénique et la
culture populaire. «
Les branches de la civilisation
sont les arts, les sciences,
les philosophies, une
certaine religion et la
morale. Tout cela élève
lhomme en dehors
des patries, tout en ayant
ses fondements en une
patrie, comme branche
de la civilisation, qui
elle aussi a une patrie
» [16]. En effet,
la nation de la civilisation
prend dans la pensée
de Dragoumis un contenu
moral et spirituel, sens
pareil à celui
que Gökalp attribue
à la notion de
la culture.
Pour faire valoriser son
argument concernant la
superiorité de
la civilisation grecque
il étudie ce concept
en trois temps historiques
: le passé, le
présent et le futur.
Dans un premier lieu,
il compare la civilisation
de son peuple aux autres
[17] civilisations (indienne,
phénicienne, égyptienne,
chinoise) de l'antiquité
pour en déduire
: « Aucune civilisation
nest arrivée
plus haut de la civilisation
grecque et aucune ny
arrivera » [18].
Dans un deuxième
lieu, Dragoumis nous présente
les Grecs comme créateurs
des civilisations égéenne,
grecque classique, hellénistique, byzantine, autrement dit des
civilisations de haute
valeur [19], puis il soutient
dans un troisième
lieu que la civilisation
néohellénique
[20], dont l'intellectuel
grec visionne la domination,
est le fruit de la tradition
populaire byzantine [21].
Dans sa pensée
lécoulement
du temps prend la forme
dune ligne évolutive,
dune évolution
ininterrompue, qui aboutit
à la fusion des
toutes les civilisations
du passé en une,
la civilisation néohellénique.
De cette façon
le passé devient
une sorte dabri
dans lequel se sauve lidée
de limmortalité
dune société
ainsi quun terme
de comparaison avec le
présent et le futur.
« Autant des siècles
de civilisation, elle
est déjà
entrée dans le
sang et les nerfs du peuple
grec, elle est entrée
jusquà ses
os. Le squelette, les
nerfs et les sang du Grec
sont vieux et civilisés
(...). Les Grecs sont
formés de plusieurs
et vieilles civilisations,
quils ont eux-mêmes
créées avec
la même intelligence
» [22] affirme Dragoumis.
La source de vie et d'énergie
qui rassure lexistence
et la continuité
de cette chaîne
des civilisations mentionnée
au-dessus nest que
la notion de la tradition.
« Le jus de l'arbre
est la tradition populaire.
Elle a son commencement
bien avant que la race
grecque ne crée
aucune civilisation (...).
Elle est comme un courant
chaud de la vie, qui passe
maintenant depuis des
siècles au fond
de lâme des
Grecs et tient avec son
flux éternel lunité
ou lhomogénéité
de sa forme » [23].
Selon Dragoumis la tradition
[24] fonctionne comme
un socle culturel, comme
la boucle conjonctive
de l« esprit
hellénique »
à travers les siècles.
Un deuxième point
à éclairer
est la relation de Dragoumis
avec lEurope. Sagit-il
d'une rélation
complémentaire
ou contradictoire ? Tout
comme Gökalp, Dragoumis
affirme que les Grecs
sont dépourvus
de la connaissance technologique
et non des valeurs morales
de lOccident. Lextrait
suivant est indicatif
de la répugnance
de l'intellectuel grec
envers le monde européen
: « Les idées
modernes complotent contre
nous, la civilisation
contemporaine avec sa
franc-maçonnerie,
sa charité, sa
solidarité, son
parlementarisme, son aplanissement,
qui fait tous les hommes
égaux de plus petits.
Cest linfluence
de cette civilisation
que nous devons combattre
si nous voulons vivre
» [25]. Les civilisations
étrangères
doivent être utilisées
comme facteurs d'une émulation
culturelle et motiver
les Grecs à adopter
le niveau scientifique
de lEurope pour
quils puissent après
être indépendants
de lintervention
occidentale.
Le maître à
penser grec ne soppose
pas à linteraction
culturelle parmi les nations
; la rencontre de la Grèce
avec la civilisation européenne
constitue une nécessité
vitale pour le progrès
et le developpement du
pays. Selon lui, les Grecs
se placent tant à
lOrient quà
lOccident «
Sans cesser dêtre
un peuple oriental nous
avons des capacités
européennes »
[26]. Dragoumis rejette,
en effet, lidée
d'une soumission possible
des Grecs à lOccident
sous la forme dune
soumission exagérée.
Cest pour cette
raison quil attaque
contre les politiciens,
les savants et en générale
tous ceux qui ont envie
dimposer au peuple
grec les systèmes
et les habitudes occidentales
: « Ils imaginent
que la civilisation européenne
peut nous changer et ils
pensent que la civilisation
européenne est
meilleure et plus noble
ou ils pensent que la
civilisation hellénique
nexistent pas »
[27].
Afin de monter que la
rencontre des Grecs avec
les Européens ne
comprend aucun danger
dassimilation, il
fait encore une rétrospective
au passé soulignant
que tout au long de lhistoire
la race hellénique
sest imposée
par sa force civilisatrice
aux autres peuples, et
même aux conqurants.
Dragoumis cite à
ce point l'exemple [28]
des Grecs anciens, qui
ont « conquis »
la Rome avec leur civilisation
ainsi que la domination
des Byzantins en Russie
à travers le processus
de christianisation. De
cette façon lintellectuel
grec trace une sorte de
prédominance diachronique
de lélément
hellénique en Orient.
Le nationalisme hellénique
rêvé par
Dragoumis sélève
en une valeur humanitaire
supranationale ; il faut
seulement que les Néohellénes
prennent conscience du
caractère oriental
de leur civilisation et
conservent la tradition
populaire qui est «
la boucle la plus intérieure
et la plus authentique
qui nous connecte avec
les vieilles civilisations
grecques » [29].
Au terme de cette étude
comparative, nous constatons
que malgré leur
divergence notionelle,
Gökalp et Dragoumis
saccordent sur un
point fondamental : loccidentalisation
ne peut être la
base unique dans la construction
de leur nationalisme,
si son utilisation constitue
un moyen de progrès,
il nen demeure pas
moins quelle doit
être limitée.
Il sagit là
dun paradoxe qui
est à la base d'une
relation plus quambiguë
des nationalismes «
orientaux » avec
leur modèle venu
de lOccident.
NOTES
[1]
Mehmet Ziya, plus connu
après 1911 sous
son nom de plume de Ziya
Gökalp est né
le 23 mars 1875 ou 1876
à Diyarbak¦r. Il
était issu dune
famille de notables de
province. Gökalp
a commencé ses
études à
Diyarbak¦r, puis il a
continué au Collège
Vétérinaire
dIstanbul. Parallèlement,
il entra au Comité
de lUnion et du
Progrès [CUP] par
lintermédiaire
du Qocteur Abdullah Cevdet.
Ses activités politiques
lui valurent dix mois
demprisonnement.
Après la libération
il fut éxilé
à Diyarbak¦r. En
1902, il devint Secrétaire
de la Chambre de Commerce
de Diyarbekir, puis en
1904 Secrétaire
assistant-Général
de la Comission Exécutive
du Conseil de Province
et quatre ans plus tard
inspecteur des organisations
du CUP au nord-est de
Diyarbak¦r. En 1909, il
participa en tant que
délégué
de Diyarbak¦r au congrès
de Salonique et publia
dans le journal local
Peyman. Une nouvelle période
fut inaugurée pour
Gökalp en 1910 car
il devint membre actif
de la CUP en participant
à la revue Genç
Kalemler (Jeunes Plumes),
dont le but était
la purification de la
langue. Il a été
élu à la
commission éditoriale
de la revue Türk
Yurdu (Le Monde turc)
et participa avec ses
articles à dautres
revues comprenant parmi
eux Halka Dogru (Vers
le Peuple), slam
Mecmuasi (La Revue de
lIslam), Yeni Mecmua
(Nouvelle Revue) etc.
Au cours de la même
période Gökalp
publia deux volumes de
poésie intitulées
K¦z¦l Elma (La Pomme rouge)
et Yeni Hayat (Nouvelle
Vie). En 1918 il publia
son livre Türklesmek,
Islâmasmak, Muasirlasmak
(Tuquification, Islamisation,
Modernisation). Après
lArmistice et loccupation
dIstanbul par les
Alliés, il fut
arrêté et
emprisonné. Libéré
deux ans plus tard, il
est rentré à
Diyarbekir où il
publia la revue Küçük
Meçmua (Petite
Revue). En 1923, il participa
à la campagne du
parti kémaliste,
et publia Dogru Yol (La
Juste Voie). En même
temps, il a rédigé
Türk Medeniyeti Tarihi
(Histoire de la Civilisation
turque), Alt¦n I¦k (La
Lumière dor)
et Türkçülügun
Esaslari (Les Principes
du Turkisme). Pour la
vie de Ziya Gökalp,
voir les étrudes
des U. Heyd, The Fondations
of Turkish nationalism
: The life and teachings
of Ziya Gökalp, London,
1950, p. 17-40 et T. Parla,
The social and Political
Thought of Ziya Gökalp,
Leiden, 1985, p. 1-22.
Issu dune famille
originaire de Vogatsiko
en Macédoine du
Sud ayant une longue tradition
sur la scène politique,
Ion Dragoumis est né
le 2/14 septembre 1878
à Athènes.
Les années de son
adolescence se croisent
avec la guerre sanglante
de 1897. En 1902, il reçut
le poste de Vice-consul
au Consulat de Monastir
où il commença
avec la collaboration
de son père et
de Pavlos Melas, à
organiser la défense
des communautés
orthodoxes et hellénophones
de Macédoine contre
les comitadjis bulgares.
Entre 1903 et 1906, il
occupa la position consulaire
à Serres, à
Pyrgos, à Philippoupoli,
à Alexandrie dEgypte
et à Dedeagaç.
Une nouvelle période
commença dans la
vie Dragoumis en 1907
quand il fut nommé
en place à lambassade
dIstanbul. Il publia
sous son nom de plume
Idas son livre Iroon ke
Martiron Ema (Sang des
Héros et des Martyrs),
dédié à
la mémoire de P.
Melas. Prallèlement,
il fonda avec A. Souliotis-Nicolaïdes
lOrganisation de
Constantinople, qui visait
à légalité
des communautés
de lEmpire Ottoman
et la coopération
des Grecs et des Turcs
pour la réalisation
dun Etat dOrient.
Un an plus tard, il fut
envoyé à
lambassade de Rome,
puis à Londres.
Cest pendant ces
années quil
rédigea son livre
Samothraki (Samothrace).
Après loccupation
du Dodècanese par
les Italiens (1911), il
a envoyé A. Gavalas
à Patmos pour organiser
un congrès demandant
soit lunion des
îles avec la Grèce
soit un régime
dautonomie. Au cours
de cette période,
il publia son livre ssi
Zontani (Ceux qui sont
vivants) dans lequel il
présentait ses
idées concernant
le rôlé de
lHellénisme
au Levant. Après
1913, il fut Chargé
dAffaires aux ambassades
de Saint Peterbourg, de
Vienne et de Berlin, puis
Ambassadeur de Grèce
en Russie. En même
temps il publia son livre
Ellinikos Politismos (Civilisation
grecque). En mai 1915,
Dragoumis a été
élu député
indépéndant
de Florina et de Castotria.
Il lança avec G.
Bousios et A. Karapanos
la publication de la revue
Politiki Epitheorisi (Revue
Politique) à travers
laquelle Dragoumis exerça
une critique sevère
contre la politique extérieure favorable à lEntente quexerçait
Venizelos. Ayant protesté
contre lintervention
des Grandes Puissances
dans les affaires intérieures
du pays, il fut éxilé
en Corse, puis à
Scopelos. A la fin de
1919 il rentra à
Athènes où
il travailla à
la réédition
de la Politiki Epitheorisi
(Revue Politique). La
même année,
en août Dragoumis
fut assasiné par
des officiers venizelistes
en réprésailles
à la tentative
dassassinat de Venizelos
à Paris quelques
jours plutôt. Pour
la biographie de Ion Dragoumis
voir : K. Parasxos, Athènes,
1963, p. 5-17.
[2] Z. Gökalp, Türkçülügün
Esaslar¦, Devlet K¦taplar¦,
Istanbul, 1970, p. 52.
[3] Idem, p. 30-45.
[4] Idem
[5] Z. Gökalp, Yeni
Hayat, p. 22.
[6] N. Berkes, Turkish
nationalism and Western
Civilisation : Selected
Essays of Ziya Gökalp,
George Allen and Unwin
LTD, Motreal, 1959, p.
266.
[7] Z. Gökalp, Makaler,
sous la direction de Süleyman
Hayri Bolay, Basbakanl¦k
Bas¦mev¦, Ankara 1982,
p. 40-42.
[8] Z. Gökalp, Türkçülügün
Esaslar¦, p. 45.
[9] N. Berkes, op. cit.,
p. 267.
[10] Z. Gökalp, Türkçülügün
Esaslar¦, p. 41.
[11] Concernant la distinction
entre hars et tehzib,
Idem, p.102-103.
[12] T. Parla, op. cit.,
p. 33.
[13] I. Dragoumis, Ellinikos
Politismos (Civilisation
grecque), p. 234.
[14] Idem, p. 182.
[15] I. Dragoumis, O Ellinismos
mou kai i Ellines, p.
150.
[16] I. Dragoumis, Ellinikos
Politismos, p. 233.
[17] Dragoumis, I Ellinismos
mou kai i Ellines, p.
149.
[18] Idem, p. 150.
[19] Dragoumis, Ellinikos
Politismos, p. 187.
[20] Idem, p. 217-235.
[21] Idem, p. 188-189.
[22] Idem, p. 187-188.
[23] Idem, p. 189-190.
[24] Pour les idées
de Dragoumis sur le sujet
de la tradition voir Idem,
p. 187-199.
[25] I. Dragoumis, O Ellinismos
mou kai i Ellines., p.
78.
[26] I. Dragoumis, Politiki
Epitheoririsi (Revue Politique),
n. 52, 29 mai 1921, p.
819.
[27] S. Dragoumis, Kinotita,
Ethons Kratos : silogi
arthron apo ton S. Dragoumi
(Communauté, Nation,
Etat : collection darticles
par S. Dragoumis), Salonique
1927, p. 45.
[28] Idem, p. 821.
[29] I. Dragoumis, O Ellinismos
mou kai i Ellines, p.
189.
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