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Chaque
année nombre dadolescentes,
voire de fillettes, sont
mariées contre
leur gré.
Elles sont africaines
ou turques pour la plupart.
Quelques cas médiatisés
ont attiré lattention
de lopinion publique
ces dernières années.
Des associations ont pris
leur défense mais
se heurtent à des
coutumes ancestrales qui
ont la vie dure...
Cet
été, a annoncé
le père, nous irons
au pays. Au village
au bled comme disent ses
copines maghrébines
dans ce Mali doù
il a émigré
voilà longtemps,
bien avant sa naissance
à elle. Car, elle,
elle est née en
France : française
et malienne à la
fois, lycéenne
élevée dans
le respect des traditions
africaines et les valeurs
de la banlieue
Elle
aurait préféré
partir en camp dados
mais elle sait quon
ne discute pas les décisions
paternelles. Et puis,
cela lui permettra de
retrouver ses racines,
de connaître la
famille. Elle sappelle
Aïssatou, elle a
dix-sept ans et elle part
pour lenfer.
Plusieurs mois après
son départ, des
journalistes de France
2 retrouvent sa trace.
Ils préparent un
reportage sur les mariages
forcés et ont eu
vent de son histoire par
une assistante scolaire
à qui elle a pu
faire parvenir une lettre
désespérée
- « je suis une
morte vivante
Vous
êtes mon seul espoir.
» - Lassistante
sociale a alerté
le juge des enfants mais
Aïssatou a la double
nationalité et,
donc, en loccurrence,
cest la loi nationale
du Mali qui sapplique.
Les journalistes se rendent
sur place et parviennent
à prendre contact
avec la jeune fille. Les
risques pour elle sont
considérables mais
elle sait aussi quil
y a là une chance
unique à ne pas
laisser passer. En rusant,
en se cachant, elle parvient
à les rencontrer
et à leur raconter
son cauchemar : à
son arrivée au
village, elle est accueillie
par des tambours. Ils
jouent, lui apprend-on,
pour fêter son mariage.
Tout a été
prévu, organisé.
Le mari choisi de longue
date. Sauf quelle
ne le connaît pas
et na envie ni de
se marier ni de rester
au Mali. Mais, malgré
sa révolte, ses
cris, son désespoir,
le mariage a lieu. Peu
après, les parents
repartent pour la France.
La voilà seule,
livrée à
un quadragénaire
polygame qui nhésite
pas à la battre
pour quelle couche
avec lui. Lenfermement,
lisolement
Au bout dun an et
demi, grâce à
des complicités
et à laction
des journalistes, Aïssatou
parvient à senfuir.
Arrivée à
Roissy : personne. Pour
la famille, elle est un
paria. Honte sur elle.
Plus damis, plus
de repères
Comment se reconstruire
? Fin du reportage [1].
Elles sappellent
Aïssatou, Yulide,
Leïla
. Leurs
parents sont originaires
dAfrique, de Turquie,
du Maroc. Elles possèdent
la double nationalité,
ce qui rend les autorités
françaises quasiment
impuissantes à
agir, dans la mesure où
les actes incriminés
se passent dans le pays
dont la jeune fille est
ressortissante, un pays
lui-même pris entre
ses lois et ses traditions.
On ne dispose daucun
chiffre mais plusieurs
dizaines de milliers dadolescentes
voire denfants
issues de limmigration,
nées et élevées
en France, seraient ou
pourraient être
confrontées à
ces pratiques. Si nombre
des unions seffectuent
à létranger,
il ne faut pas oublier
quen France même
des filles à peine
pubères sont unies
religieusement
« coutumièrement
» à
des garçons plus
âgés et même
des hommes. Elles sont
véritablement livrées
à eux, violées,
humiliées, instrumentalisées
pour permettre lobtention
dun titre de séjour,
victimes bâillonnées
par la loi du silence,
empêchées
de demander la protection
à laquelle elles
ont droit.
Pour elles, comme pour
leurs surs menacées
dêtre envoyées
au pays, lécole
est souvent le seul lieu
où, hors famille,
elles vont pouvoir exprimer
leurs souffrances ou leurs
craintes. Cest linterpellation
de plus en plus fréquente
des assistantes sociales
et des infirmières
scolaires qui a engagé
certains conseils généraux
à promouvoir des
actions de prévention
[lire encadré]
mais aussi lÉducation
nationale à mener
une réflexion sur
ce thème. Un premier
pas avait été
accompli avec la parution
de textes incitant à
une plus grande égalité
entre les filles et les
garçons dans le
système éducatif,
en particulier la Convention
interministérielle
du 25 février 2000.
Il y a quelques mois
la veille de la journée
internationale des femmes,
pour le symbole
un colloque [2] a permis
de réunir différents
partenaires. Si tous saccordent
à condamner la
pratique, tous reconnaissent
également quil
ny a pas de réponses
simples. Les parents obéissent
eux-mêmes à
une injonction contradictoire
: vivre loin de chez eux
afin de permettre un mieux-être
à leurs enfants
et donner à ceux
qui sont restés
au pays des gages de fidélité,
et cela en « instrumentalisant
» ces mêmes
enfants
Cest
que les mariages forcés
signent la persistance
des codes et des traditions
du pays dorigine,
y compris pour des familles
installées depuis
très longtemps
en France et en ayant
intégré
la plupart des valeurs.
Les enfants sont scolarisés,
ont accès aux médias,
fréquentent des
jeunes de leur âge,
se réfèrent
à des modèles
occidentaux et se projettent
dans un avenir où
lamour est à
la base du couple et où
la femme tend à
assurer son autonomie.
Certes, dans ces familles
les filles sont moins
libres que les garçons
: plus surveillées
par les pères,
les frères, les
cousins ; soumises à
des tâches ménagères
Mais rien, pour autant,
qui les prépare
à se retrouver
un jour à des milliers
de kilomètres de
leur cité, mariées
à un cousin inconnu,
condamnées à
faire des enfants et à
obéir à
la belle famille.
Comment donc des parents
peuvent-ils en arriver
là et, si lon
en croit les associations,
être de plus en
plus nombreux à
adopter ces comportements
? Dabord, il sagit
essentiellement dune
décision des pères.
Les mères nont
pas droit à la
parole : elles-mêmes
sont dans des situations
de grande fragilité
: co-épouses, menacées
dêtre répudiées,
victimes de la toute-puissance
masculine, elles ne peuvent
prendre le risque de sopposer.
Et puis, les choses sont
décidées
de longue date, avant
la naissance de la fille.
En Afrique subsaharienne,
en particulier, il est
essentiel de se marier
dans son groupe ethnique
et dans sa caste et si
possible dans sa famille.
Au Maghreb, laspect
économique prévaut,
ainsi que la possibilité
que lon offre à
un allié dimmigrer
légalement ou dêtre
régularisé.
Quant à la Turquie,
cest sans doute
le pays le plus soucieux
déviter à
tout prix les unions non
communautaires et la presque
totalité des filles
mais aussi des
garçons, ne les
oublions pas sont
mariées de force
avec un proche parent.
On voit dailleurs
à travers lexemple
de la Turquie combien
la pratique des mariages
est pervertie par lexil.
Si Gaye Patek-Salom, directrice
de lassociation
Elele, préfère
pour sa part « mariages
arrangés »
à « mariages
forcés »
concernant ses compatriotes,
elle rappelle que la Turquie
a été lun
des premiers Etats à
donner le droit de vote
aux femmes 30 ans
avant la France ! et
que le consentement des
deux futurs époux
est obligatoire. Certes
la tradition est toujours
vivace dans les campagnes
mais le droit gagne de
plus en plus et la communauté
turque exilée semble
très en retard
par rapport à celle
vivant au pays. Il y aurait
plus de 90 % des jeunes
issus de limmigration
turque à subir
un mariage « arrangé
» au pays, souvent
avec un très proche
parent. La fuite est souvent
la seule issue pour les
filles, les garçons,
eux, désertant
rapidement le domicile
conjugal. Même constat
du côté de
lAfrique. Le droit
et les murs évoluent
mais les immigrés
se révèlent
souvent « plus royalistes
que le roi »
Il y a certes chez eux
une « stratégie
de préservation
de lidentité
» comme le souligne
le sociologue Mahamet
Timera, une « volonté
des pères et des
mères que, même
sils ont eu des
enfants hors du pays natal,
ces enfants continuent
à appartenir à
cette communauté
», il nen
reste pas moins quils
reprennent à leur
compte des pratiques qui
ont évolué.
Leur attitude et leurs
références
sont restées figées,
voire en contradiction
avec ce qui a motivé
leur décision démigrer.
Il ne faut pas non plus
négliger la crainte
des pères de voir
leur fille avoir de mauvaises
fréquentations.
La virginité est
une valeur essentielle
et le modèle occidental
fait peur : les marier
le plus jeune possible
est donc une garantie.
Les frères eux-mêmes
craignent que des garçons
peu recommandable, des
petits délinquants,
sintéressent
à elles. Dans les
cités, la crainte
est démultipliée
Pour les Maghrébins,
les modalités sont
différentes de
celles autoritaires,
expéditives
des Africains ou des Turcs.
Il y a tout un travail
de « bourrage de
crâne » et
les filles sont peu à
peu amenées
conviction ou épuisement
? à donner
leur accord. La compagnie
théâtrale
des Fatmamas a écrit
et mis en scène
une famille confrontée
à lopposition
dune des filles
à un mariage arrangé
par les parents. «
Les chaînes de Nora
» connaît
un vif succès dans
les établissements
où la pièce
est représentée.
Filles et garçons
se sentent interpellés
par des situations quils
connaissent, directement
ou indirectement, et les
débats qui suivent,
animés par des
associations comme le
GAMS et Voix delles
rebelles sont toujours
très riches. Il
ne faut pas penser que
toutes les filles
et encore moins tous les
garçons
sont systématiquement
opposés à
une pratique dun
autre temps et dun
autre lieu. Pour certains
dentre eux, lexemple
des parents qui
ne se sont pas choisis
et, pourtant, forment
un couple solide
est lhéritage
dune certaine culpabilité
lemportant sur les
principes de la société
daccueil. Un jeune
Franco-Turc : «
Une fille doit quitter
lécole à
seize ans. Elle doit se
marier et avoir des enfants.
Cest bien que les
parents fassent venir
des filles pour nous car
celles dici ne sont
pas bonnes ». Ce
qui est difficilement
compréhensible
de la part des parents
lest moins encore
de la part des jeunes
gens nés et élevés
en France. Peut-être
faut-il alors sinterroger
sur le fait quils
se réfèrent
à un modèle
culturel souvent
obsolète qui plus
est faute davoir
intégré
un modèle démocratique.
Mustapha Saadi, de lassociation
des juristes berbères,
est convaincu que les
mariages forcés
sont une des conséquences
de la mauvaise connaissance
du droit français
et, par des interventions
dans les collèges
et lycées, il tend
à y remédier.
Accompagner des élèves
dans lapprentissage
du droit permet de leur
faire assimiler des règles
mais, surtout, de transmettre
des valeurs et des principes
qui pourront contrebalancer
ceux de la famille, quand
ils se heurtent à
lépanouissement
et la liberté individuelle.
Discussions autour dune
représentation
théâtrale,
interventions, formations,
chaque fois cest
au sein de létablissement
scolaire que la prévention
peut se mettre en place
car, rappelle Beski Chahla,
de lAgence pour
le développement
des relations interculturelles
(ADRI) : « Lécole
est le seul lieu où
la mixité est légitimée
». Mais cest
aussi, rappelle Altay
Manço, chercheur
à lInstitut
de recherche, formation
et actions sur les migrations
(IFRAM) la structure qui
« sapproprie
» les enfants et
que certains parents considèrent
avec une grande méfiance
Et il est vrai que cest
là que très
souvent va se faire la
révélation
: à un professeur,
à linfirmière,
à lassistante
sociale
Avant les
vacances, les appels à
laide se multiplient.
Que faire ? Essayer de
parler avec les parents
? Difficile. Ce sont les
pères qui décident
et les intervenants sociaux
sont le plus souvent des
femmes. Adresser un signalement
au juge des enfants ?
Certes, mais faute déléments
précis, celui-ci
hésitera à
se saisir : il sait que
les parents vont jurer
quil nest
question que de vacances
et il sait aussi que cela
finira de les convaincre
que leur fille file un
mauvais coton
Contacter
les associations ? Cela
marche de mieux en mieux.
Elles sont quelques unes
à bien connaître
le problème et
à adapter leurs
réponses : Voix
delles rebelles,
le GAMS, Voix de femmes,
Elele pour la Turquie,
les Nanas Beurs pour le
Maghreb, Association Fatoumata
[3] pour lAfrique
subsaharienne
Voix
de femmes, par exemple,
installée à
Cergy, en banlieue parisienne,
a reçu 124 personnes
en 2001 : 122 femmes et
2 hommes. Elle a prodigué
des conseils juridiques,
suivi le traitement des
dossiers par les magistrats,
orienté vers les
services sociaux. Dautres,
comme Elele, privilégient
la prévention par
des réunions avec
les mères, des
rencontres avec les pères
(dans les mosquées).
Dautres mettent
à profit leur propre
expérience pour
mettre en garde les adolescentes,
telle Fatoumata qui, il
y a deux ans, a fait les
gros titres de la presse.
Brillante élève
de terminale, amoureuse
dun blanc, elle
a été envoyée
au Sénégal
à loccasion
des vacances de Pâques
et nen est pas revenue.
Ses camarades de classe
se sont inquiétés,
la prof de philo a suivi,
puis la proviseur
Toute la difficulté,
rapporte celle - ci a
été de trouver
le juste milieu dans les
relations avec la presse
et les intervenants diplomatiques.
Il faut dire que le gouvernement
sénégalais
était favorable
à un retour de
la jeune fille mais ne
pouvait pour autant faire
abstraction des droits
de sa famille
Enfin
revenue à Paris
et ayant pu reprendre
ses études, Fatoumata
a voulu à son tour
prévenir celles
qui risquaient de se trouver
dans la même situation.
Dans certains départements,
les associations, léducation
nationale, les conseils
généraux
et les services sociaux
et éducatifs travaillent
en synergie, comme dans
le Val dOise où
des avancées intéressantes
ont pu se réaliser.
Ainsi, les services de
lenfance ont-ils
accepté dalléger
leur procédure
en cas de menace de mariage
forcé rapide :
pas de réunion
préparatoire et
une aide aux jeunes majeures,
y compris pour celles
non connues du service.
Des initiatives au sein
des établissements
permettent également
de faire remonter les
situations de dangers.
Ainsi, à Genevilliers,
des élèves-relais,
ayant bénéficié
dune formation,
assurent un maillage et
offrent à leurs
camarades en difficulté
une oreille attentive.
Il y a une quinzaine dannées,
rappelle Catherine Richet,
conseillère technique
à linspection
académique du Val
dOise, lécole
sest saisie du problème
des violences sexuelles.
Certains trouvaient que
ce nétait
pas son rôle. Pourtant,
cest en grande partie
grâce à son
action que le sujet nest
plus tabou aujourdhui
et quun travail
de prévention a
pu être mené.
Pour les mariages forcés,
lécole a
pareillement son rôle
à jouer. Non pas
contre des parents, mais
pour que lintérêt
de lindividu prévale
sur celui de la famille.
Non pas contre une culture
mais, comme le souhaite
Gaye Petek-Salom, pour
que « ces jeunes
issus de limmigration
se réapproprient
leur culture dorigine
de manière libre
» et que de nouvelles
Aïssatou, Yulide
et Leïla puissent
sereinement partir en
vacances. Au bled, au
village, au pays.
NOTES
[1]
Reportage de Serge de
Sampigny, Envoyé
spécial, 2002.
[2] « Égalité,
mixité, laïcité
», le 7 mars au
lycée Louis-le-Grand
à Paris.
[3] AFEF (Association
Fatoumata pour l'émancipation
des femmes) - 27 rue du
Château Landon -
75010 Paris. Tel 06 03
89 53 72 - mail : afef@free.fr
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Ils
ont signé
la Convention sur
lélimination
de toutes les formes
de discriminations
à légard
des femmes, et pourtant
La
Convention internationale
des droits de lenfant,
outre larticle
19 qui engage les
États à
protéger
lenfant de
« toute forme
de violences, datteinte
ou de brutalités
physiques ou mentales
(
) y compris
la violence sexuelle
», stipule
dans son article
24 que « les
États parties
prennent toutes
les mesures efficaces
appropriées
en vue dabolir
les pratiques préjudiciables
à la santé
des enfants ».
On pense bien sûr
à lexcision
mais ces viols légaux
que sont les mariages
forcés font
également
partie des pratiques
dénoncées.
On ne sétonnera
pas que les états
concernés
aient signé
cette Convention
sans pour autant
se donner les moyens
de lappliquer.
Toutefois, certains
dentre eux
affichent leur désir
de faire évoluer
les mentalités
et, à cette
fin, ils ont signé
la Convention sur
lélimination
de toutes les formes
de discriminations
à légard
des femmes. Celle-ci
dispose, dans son
article 16, que
« les États
parties prennent
toutes les mesures
nécessaires
pour éliminer
la discrimination
à légard
des femmes dans
toutes les questions
découlant
du mariage (
)
et assurent, sur
la base de légalité
de lhomme
et de la femme :
le même droit
de contracter mariage
; le même
droit de choisir
librement son conjoint
et de ne contracter
mariage que de son
libre et plein consentement
». Ce même
article précise
que : « les
fiançailles
et les mariages
denfants nauront
pas deffets
juridiques et toutes
les mesures nécessaires,
y compris de dispositions
législatives,
seront prises afin
de fixer un âge
minimal pour le
mariage et rendre
obligatoire linscription
du mariage sur un
registre officiel
». Parmi les
signataires : le
Mali, le Sénégal,
la Turquie
Enfin, en mars dernier,
à linitiative
de la ministre malienne
de la Promotion
de la femme, de
lenfant et
de la famille et
de lex ministre
française
déléguée
à la Famille
et à lenfance,
une loi dorientation
commune aux pays
francophones a été
adoptée,
qui rappelle que
« Tout être
humain de moins
de 18 ans est un
enfant. Lâge
minimum du mariage
est fixé
à 18 ans.
Le mariage nest
valide que si le
consentement de
chacun des deux
futurs époux
a été
exprimé librement.
La responsabilité
des parents ou des
personnes ayant
autorité
sera engagée
en cas de non-respect
de lâge
légal et
du consentement
».
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