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Si
on veut faire la définition
de la culture on peut
dire que la culture est
le "développement
de certaines facultés
de l'esprit par des exercices
intellectuels appropriés
; ensemble des connaissances
acquises. Dans un deuxième
sens elle est l'ensemble
des aspects intellectuels
d'une civilisation."
[1]
Durant cet exposé,
on va utiliser le mot
"culture" dans
les deux sens.
La
culture dans la migration
Dans
la communauté turque
en France, tout est fait
pour préserver
l'identité issue
du pays d'origine, et
cela va même jusqu'à
surprendre les nouveaux
arrivants qui se trouvent
plongés en France
dans la ruralité
turque.
Ces propos d'un instituteur
récemment arrivé
en témoignent :
"Les racines de la
communauté, c'est
le petit village, l'esprit
petit village, ici les
gens sont beaucoup plus
traditionnels qu'en Turquie
!"
Pour ce dernier, apôtre
du kémalisme en
migration, car envoyé
par le gouvernement, le
terme traditionnel renvoie
à l'islam et aux
pratiques qui accompagnent
la vie du croyant, mais
ce registre n'incarne
pas, loin s'en faut, toute
la tradition.
L'identité des
migrants turcs apparaît
plurielle, fonction de
l'histoire culturelle
du lieu d'origine. La
question de la prépondérance
de telle ou telle composante
identitaire selon les
circonstances reste ouverte,
et rien ne nous autorise
à privilégier
l'islam si ce n'est la
parole de notre interlocuteur
lorsqu'elle s'y déploie.
Les dispositifs de soins
qui mettent uniquement
l'accent sur cette dimension
ne conduisent donc qu'à
réifier, pétrifier
la culture des consultants,
alors qu'au contraire,
l'identité est
une création dynamique
perpétuelle. Elle
n'est pas réductible
à une seule de
ces dimensions.
Dans ce sens, la substitution
de la culture à
la religion d'islam nous
explique scientifiquement
les interactions entre
la culture d'origine,
la culture dans la migration
et la culture française
des enfants, adolescents
et des adultes. [2]
Ceci fait intervenir les
notions de "dedans/dehors"
et de frontière,
sachant que le sujet peut
se situer dans chacun
de ces espaces y compris
sur la limite.
1.
Le mouvement d'autonomisation
des adolescents met en
exergue le désir
d'une plus forte adhésion
à la culture française.
Ils investissent des lieux
scolaires comme de tremplins
vers les acquisitions
de connaissances et la
possibilité d'effectuer
des rencontres.
Ce désir d'ouverture
s'accompagne d'une très
forte ambivalence qui
complexifie la situation.
L'adolescent se trouve
à l'interface des
deux cultures. Chacun
des ses choix engage l'ensemble
de la famille et remet
en cause son inscription
dans la culture turque.
C'est une responsabilité
lourde à endosser.
Il est porteur des désirs
ambigus des parents qui
projettent sur lui des
possibilités de
réparation en rapport
avec les pertes dues à
la migration dont ils
n'ont pu eux-mêmes
faire le deuil. Sommé
de réussir, on
lui demande aussi implicitement
d'échouer pour
préserver les liens
de son affiliation turque.
La question de l'être
et du devenir est essentielle
à l'adolescence.
C'est un mouvement d'allers
et retours brusques sanspossibilité
de fonder des assises
solides dans l'un ou l'autre
des espaces.
2.
Un enfant jeune n'est
ni "dedans",
ni "dehors",
il n'appartient à
aucune culture sans l'intermédiaire
de ses parents qui vont
l'affilier à la
culture turque. La mise
en place des interactions
précoces entre
la mère et son
bébé est
essentielle, mais une
dyade mère/enfant
ne peut exister sans le
cadre culturel dans lequel
elle s'inscrit, c'est
à dire le cadre
culturel turc.
L'enfant d'âge scolaire
s'adapte aux passages
nécessaires entre
les deux cultures grâce
au clivage. Cette organisation
d'un monde en deux espaces
entre lesquels il n'est
pas possible de créer
des liens entraîne
des difficultés
d'ordre psychoaffectif
et cognitif qui retentissent
sur les apprentissages.
La résolution de
la problématique
des enfants est dépendante
de l'autorisation des
parents à aller
vers l'autre culture et
de la reconnaissance par
les enseignants, les éducateurs,
et, de l'importance de
la culture d'origine.
3.
Pour les adultes souffrant
de troubles psychopathologiques,
les interactions se raréfient
au profit d'un repli sur
la culture turque. Cette
hypothèse devient
heuristique lorsqu'on
s'intéresse aux
rapports qu'entretient
le malade avec sa culture
d'origine. Il devient
alors possible de percevoir
la densité de ces
liens. Retrouver un équilibre
psychique accompagné
du désir d'occuper
à nouveau un espace
social est un projet pertinent
s'il envisage le lien
psychisme/culture. Or
les soins habituellement
dispensés se réfèrent
à la culture occidentale.
Ils se veulent "neutres
culturellement".
Les patients turcs démontrent
l'importance de leur culture
pour donner du sens à
l'impensable ; c'est le
rôle des théories
étiologiques.
L'exploitation de quatre
situations mettant en
scène des migrants
de sexe et d'âge
différents montre
l'aspect dynamique de
la problématique
migratoire. Chaque sujet,
engagé dans une
situation singulière,
est constamment pris entre
cadre interne et enveloppe
culturelle externe. Cependant,
ces rapports ne semblent
jamais formalisés
de manière immuable.
La souplesse des liens
peut être prise
comme un gage de bonne
santé. Les thérapies
qui prennent en compte
la culture d'origine du
patient visent à
la restauration de ce
lien de signification
entre culture et psychisme.
Les
acteurs de la culture
En
France, la culture des
turques est la culture
rurale. Ce manque de culture
leurs a orienté
vers la religion d'islam
qu'ils ont remplacé
avec.
La raison qui se cache
sous la situation d'un
père qui a tué
sa fille au motif d'être
amie avec les Français
peut être expliquée
par ce manque et substitution.
Cette soi-disant "crime
d'honneur" n'est-elle
pas en vérité
une "loi du clan"
?
"Le clan est une
société
qui, dans de très
dures conditions extérieures,
offre à ses membres
protection physique et
valeur sociale au prix
d'engagements clairs et
sans condition. Celui
ou celle qui trahit ses
engagements envers le
clan perd à la
fois protection et valeur.
On ne trahit pas facilement
un clan. En tout cas pas
tant que l'on doute de
l'existence d'une vie
hors du clan." [3]
Elle était tuée
car un membre du clan
devrait faire preuve de
contrôle et de la
loyauté pour assurer
la protection et l'honneur.
Or il ne faut pas oublier
que l'honneur ne peut
pas s'octroyer. Dans une
société
moderne, les engagements
les uns envers les autres
sont organisés
dans un cadre juridique
et politique. Le père
qui a tué sa fille
ne croyait pas en France,
ni à ses engagements.
Les immigrés turcs
pour se sauver de ses
carcans conceptuels et
pour ne pas être
dans une forme de société
fondée sur un étroit
contrôle social
comme le clan et la tribu,
ont commencé à
s'exprimer par des moyens
cités ci-dessous
:
En fondant des
associations socioculturelles
plus souvent devenues
aussi le lieu de culte
; les associations socioculturelles
d'immigrées.
Ainsi, la 1ère
population immigrée
a pu, selon leur moyen,
sauvegarder leur "identité
turque" face l'assimilation
et la communauté
a utilisé cette
pratique comme un moyen
de pression.
En faisant des
fêtes de mariages
où ils peuvent
se rappeler ses traditions.
Pour la famille turque,
les sorties culturelles
n'existent presque pas.
Les fêtes de mariages
sont les seules occasions
pour se divertir, danser,
de se rencontrer, de
pratiquer la musique
traditionnelle turque
etc. Par contre on constate
aussi que les jeunes
générations
se sont intégrées
aux diverses activités
dans leur vie sociale.
(avec un besoin de s'amuser)
En lisant des
écrivains turcs
qui peuvent avoir l'influences
sur les jeunes immigrés.
Avec une génération
plus en plus intégrée,
le niveau d'éducation
augmente, la pratique
de lecture aussi. Les
jeunes lisent plus,
s'intéressent
plus à la culture
turque, utilisation
Internet pour le savoir
est fréquente.
(même pour trouver
d'autres immigrés
turcs)
En s'intéressant
aux médias (des
émissions radios
etc.)
dans les fêtes
nationales
Les restaurants
où on peut connaître
la cuisine turque.
Etc.
On
peut conclure que la culture
populaire turque est mal
connue par les turques
immigrées, donc,
mal préservait
et mal présentait.
Les possibilités
pour créer des
liens par le biais de
la diversité de
la culture des immigrés
sont très importantes
pour ne pas négliger.
La communauté venant
de Turquie vivant en France
n'a pas profité
cet atout qu'ils ont pour
aider leur intégration.
Leur culture aidera à
leur compréhension
par la société
d'accueil.
Nos propos dans ce texte
de travail de réflexion
sont subjectifs. Nous
avons voulu susciter une
plate-forme de discussion
pour analyser la situation,
pour améliorer
les moyens intégrations
que nous disposons.
NOTES
1.
Micro Robert, Alain Rey,
1988.
2. Nadine Theillaumas,
Entre être et devenir
Etude psychologique de
migrants turcs dans la
région de Bordeaux,
Thèse de doctorat
en Psychologie [Psychologie
Clinique et Psychopathologie],
18 décembre 1999.
3. Goran Rosenberg, Courrier
International, 27 mars
2002, N° 594, p. 24.
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