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Il
est étrange que
les premières manifestations
sportives de l'histoire
étaient des marques
très significatives
de la ségrégation
ethnique. Par exemple,
aux premières olympiades
qui eurent lieu en 776
avant Jésus-Christ,
seuls les athlètes
ayant pour père
un Grec pouvaient y participer!
La
participation d'abord
réservée
seulement aux habitants
du Pélopénèse,
s'élargit à
tous les Grecs à
partir des quarantièmes
olympiades. Il est certain
que cette attitude était
dicté par «le
nationalisme». Il
était question
d'élever les valeurs
et la culture d'une seule
population-nation-race...
A
l'époque moderne,
le sport participa à
la formation des communautés,
avant les associations
et toutes les institutions
intermédiaires.
«La culture
populaire sportive en
général,
et du football en particulier
a participé de différentes
manières à
un renouveau de l'identité
nationale. Le sport est
un domaine où la
population devient 'une'
en franchissant les petites
divisions.» 1
Très
vite, le sport joua le
rôle de «ciment
social», permettant
la relation et l'insertion
des communautés
entre elles.
De
nos jours, le sport a
la force d'éliminer
les obstacles sociaux,
culturels et géographiques,
et de canaliser la violence...
Considéré
il y a encore peu comme
une manifestation corporelle,
et restreint à
une élite, le sport
est devenu une activité
sociale au fur et à
mesure qu'il se popularisait
en découvrant son
pouvoir et son pluralisme.
De ce point de vue, nous
pouvons comparer le sport
à « l'énergie
nucléaire ».
C'est un pouvoir magique
dont nous ne savons pas
à qui il profite
et à qui il est
nocif et dont nous ignorons
l'usage qu'il peut en
être fait !
Par exemple, «la
subordination du sport
au politique se traduit
par l'apparition direct
de l'État sur la
scène sportive»
2
. Ou bien encore le mariage
du sport avec les médias
; lorsqu'ils sont pris
séparément,
ce sont deux phénomènes
puissants capables d'influencer
les masses, et lorsqu'ils
sont réunis, ils
se placent au-dessus de
tous les pouvoirs organisés.
C'est une situation contradictoires
qui renverse toutes
les valeurs. Ce mécanisme
est le fruit d'une
logique implacable,
où tout est planifié
à l'avance ; mais
paradoxalement il s'adresse
aux sentiments et éveille
un formidable écho
identitaire !
En conclusion,
nous pouvons présenter
le sport en prenant en
considération son
apparition, son évolution
et sa place d'aujourd'hui
: le sport est «un
lien social» formé
de notions et de sentiments
[une identité commune,
un choc/rivalité
local(e)-régional(e)-national(e)],
un débordement,
un enthousiasme, une joie,
un plaisir, une peine,
une extérieurisation
communs.
NOTES
1-
CLARKE A., CLARKE J.,
«Higlights and action
replays ideology, sport
and the Media»,
1982, Londres.
2- COLOMB Pierre, «Sport
et État»,
in Pouvoirs, PUF, 1992,
p. 45.
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