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"Les
organisations civiles
sont les garantes et les
avant-postes du développement
et de l'égalité
sociale".
En
se basant sur cette approche
générale,
les associations, s'activant
pour la cause des immigrés
en France aujourd'hui,
doivent s'interroger sur
les immigrés et
leur représentation.
La vie associative en
France est très
dense et très influente.
Mais chaque association
se crée un domaine
d'application en se fondant
sur ces objectifs fondamentaux.
En fin de compte, un groupe
sur lequel elle s'appuie,
se forme.
En
premier lieu, lorsque
nous regardons la position
des immigrés de
Turquie dans la vie associative,
nous apercevons un spectacle
étrange. Les associations
n'agissent pas pour les
intérêts
de leur propre groupe
social ou culturel, suivant
le niveau social dans
le pays où vivent
les immigrés. La
très grande majorité
des associations sont
le prolongement d'organisations
de Turquie. Ceci a pour
effet de transporter ici
les problèmes qu'il
y avait en Turquie. Une
grande majorité
des associations sont
comme un représentant
à l'étranger
des institutions politiques,
religieuses, ethniques
et culturelles de Turquie.
En clair, les associations
d'immigrés de Turquie
en France n'arrivent pas
à s'investir pour
les intérêts
de tous les immigrés
de Turquie. Et les caractéristiques
singulières dans
les domaines politiques,
économiques et
sociologiques du pays
d'où ils viennent
en sont la cause.
A
propos des minorités
en Europe, les immigrés,
qui ne n'ont pas réussi
à résoudre
par eux-mêmes ce
problème, ne réussissent
pas à créer
une plate-forme commune.
Ceci donne une image négative
du point de vue des immigrés
de Turquie. En revanche,
le fait que les problèmes
de la population visée
par les associations soient
à peu près
les mêmes est une
raison suffisante pour
créer une plate-forme
commune.
La
population immigrée
de Turquie depuis une
trentaine d'année
n'a pas réussi
son intégration
dans le pays où
elle vit. Elle est montrée
du doigt comme étant
l'une des premières
dans la catégorie
des immigrés à
ne pas vouloir s'intégrer
en France. Les immigrés
de Turquie, dont l'âge
moyen est l'un des moins
élevés,
s'efforcent de former
une communauté
désireuse de "s'implanter"
en s'éloignant
de leur statut de "provisoire".
Et ceci crée de
graves conflits. C'est
dans ces conditions qu'il
est possible de dire quelque
chose relativement au
besoin d'une représentation
associative des immigrés
de Turquie. Avant tout,
il nous faut connaître
et accepter la réalité
sociale des immigrés
de Turquie d'aujourd'hui.
Nous sommes sur le point
d'accepter désormais
l'idée que les
immigrés sont des
citoyens de la France.
Cette
approche nous oblige à
créer un nouveau
lien avec la Turquie,
le pays d'où nous
venons. Nous devons libérer
les liens psychologiques
et culturels existants.
Par exemple, l'instauration
du Haut Conseil aux Immigrés
de Turquie n'est rien
d'autre que de la poudre
aux yeux. Beaucoup d'immigrés
se demandent quelle population
vont représenter
les représentants
nommés d'en haut,
et quelle légitimité
ils auront. Alors que
les immigrés se
préoccupent de
beaucoup de problèmes
douloureux comme le service
national, l'éducation,
la retraite et les formalités
administratives, le débat
sur 'de quelle manière
les faire voter lors des
élections en Turquie"
semble être un moyen
pour faire oublier ces
vrais problèmes.
Dans
ce sens, la représentation
associative ne sera possible
qu'en gagnant le droit
à être représentés.
Dans les sociétés
démocratiques,
cela ne se réalise
qu'avec des élections.
Les différents
points de vue, les propositions
et les programmes des
partis politiques sont
présentés
à la population
; et les électeurs
utilisent ou n'utilisent
pas leur droit de vote.
Les organisations politiques
qui auront la majorité
des voix essayeront d'appliquer
leur programme, mais elles
devront faire avec l'opposition.
Pour
les immigrés, cela
ne marche pas tout à
fait comme cela. Dans
les pays où ils
vivent, leurs devoirs
de citoyens consistent
à payer des impôts,
à travailler etc.
Par contre ils n'ont pas
les mêmes droits
que les autres citoyens.
Bien qu'ils soient en
France depuis de nombreuses
années, ils n'ont
pas le droit à
la parole en ce qui concerne
leur propre avenir. Et
ce droit empêche
les immigrés à
être représentés
directement. De nos jours,
l'une des fonctions principales
des associations est d'obtenir
ce droit. Il est certain
que les problèmes
que vivent les immigrés
se régleront avec
l'obtention du droit à
élire et être
élu. Ainsi, ceci
nous semble être
la première étape
à une existence
sociale.
La
campagne "des Droits
Égaux et une Nouvelle
Citoyenneté"
qu'a commencée
le CFAIT révèle
en réalité
une perspective importante
pour les immigrés
de Turquie. Aujourd'hui,
la revendication "nous
sommes d'ici et 'nous
sommes des citoyens de
cet État",
qui coïncide avec
la réalité
sociale des immigrés,
peut rassembler les associations
d'immigrés de Turquie
autour d'une plate-forme
commune. Et en réalisant
cette initiative, il faut
être conscient qu'il
convient de dépasser
les structures communautaires.
Pour
finir, les associations
qui agissent pour résoudre
les problèmes comme
le cas des sans-papiers,
les formalités
du regroupement familial,
la retraite, l'éducation
des enfants et des jeunes,
le racisme, l'exclusion,
le repli sur soi et le
chômage, peuvent
être considérées
comme ayant un droit de
représentation
légitime avec l'appui
des populations qu'elles
visent.
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