|
Aujourd'hui,
la présence et
l'installation définitive
des immigrés de
Turquie en France est
un fait objectif reconnu
par l'ensemble des associations
ainsi que par les pouvoirs
publics. Aussi, il nous
parait primordial de repenser
les données sociales
et politiques de l'immigration.
Il faut également
agir pour créer
les conditions indispensables
d'une intégration
réussie.
En
l'absence d'une représentation
au suffrage universel,
les immigrés sont
contraints de créer
des espaces spécifiques
d'expression citoyenne,
alors qu'ils ont souvent
pour unique repère
la vie politique turque.
Les
associations issues de
l''immigration, qui sont
naturellement leurs interlocutrices
privilégiées,
se trouvent ainsi investies
de fait d'une mission
de représentation
politique. Nous voulons
ainsi promouvoir la participation
citoyenne des immigrés
de Turquie à la
vie de la société
française en dépassant
les clivages politiques
du pays d'origine. Nous
voulons également,
à cette occasion,
faire des propositions
constructives destinées
à attirer l'attention
des pouvoirs publics sur
les problèmes qui
peuvent faire obstacle
à cette participation.
La
connaissance unilatérale
qu'ont les pouvoirs publics
de la population immigrée
de Turquie, pourtant si
diverse dans sa constitution
aussi bien que dans ses
objectifs, n'est-elle
pas un de ces obstacles
majeurs ? En effet, la
mise en place d'interlocuteurs
présentés
comme des personnalités
expertes, bien que visant
à combler cette
lacune, a eu l'effet contraire
de restreindre et d'homogénéiser
la représentation
de la population immigrée
de Turquie. Souvent, elles-mêmes
parties prenantes dans
une association d'immigrés,
ces personnalités
ne pouvaient en aucun
cas donner une vision
objective et globale de
l'ensemble d'une réalité
autrement plus complexe.
La forme extrême
de cette approche unilatérale,
particulièrement
néfaste pour la
vie associative, est illustrée
par le fait qu'une même
"personnalité
experte" "représente"
l'ensemble des immigrés
de Turquie dans toutes
les structures consultatives
et décisionnelles
concernant les politiques
d'immigration.
Il
est par conséquent
indispensable de refor-
muler la représentation
des populations immigrées
en dehors des modèles
de représentativité
habituels, en redéfinissant
notamment des critères
démocratiques pour
le choix des interlocuteurs
des pouvoirs publics.
La concertation avec ces
interlocuteurs, reconnus
au sein de la population,
sera un atout précieux
pour l'intégration
réussie des immigrés
de Turquie.
Pour
avancer résolument
dans ce sens, le CFAIT
propose d'organiser une
représentativité
associative basée
sur la désignation
ou l'élection par
les associations des interlocuteurs
des pouvoirs publics.
L'ensemble des associations,
et non pas seulement celles
qui sont membres de notre
conseil, prendra part
à ce choix, contribuant
ainsi à la démocratisation
de la participation citoyenne
de la population immigrée
de Turquie.
Ainsi,
cette proposition assurera
une participation démocratique
mais surtout permettra
aux pouvoirs publics d'avoir
de réels médiateurs
auprès de la population
immigrée de Turquie.
|